Petites forteresses ou simples
tours de guet, les « Torri » hautes de 10 à 15
mètres étaient postées tout au long des 1 000 km
du littoral Corse. Elles furent construites au XVIe
siècle par les Génois, pour protéger les populations,
bergers et laboureurs.
De leur sommet, on repérait les navires pirates venus pour piller les
villages côtiers.
Elles servaient à avertir les habitants des « razzias »
barbaresques, par des signaux de fumée. Chaque tour devait être
vue depuis les 2 tours les plus proches, ce qui permettait d'alerter l'ensemble
de l'île en un temps record : 1 heure !
Gardées, jour et nuit, par deux ou trois hommes appelés « torregiani »,
recrutés parmi les habitants et payés sur les taxes locales,
qui surveillaient la côte et s'occupaient de maintenir un feu en permanence,
car la tour servait aussi de phare.
Le repli général rapide des bêtes et des gens vers
l'intérieur suivait le signal donné.
Souvent circulaires, mais parfois carrées, elles ont toujours trois
étages :
• un niveau pour les réserves d'eau, les vivres et les munitions
• un pour la vie
• et le dernier pour la veille.
On passait d'un niveau à l'autre par un système de trappes et
d'échelles.
La terrasse, munie de bretèches, était flanquée d'une
« guardiola », plate forme avec meutrières qui
permettait aux « torregiani » de guetter. Les gardes
se reposaient à tour de rôle dans l'unique pièce pourvue
de niches et d'une cheminée. Depuis la terrasse, une conduite amenait
l'eau dans la citerne située au bas de la tour.
Ce besoin de protection justifiait leur construction, à
la charge des corses.
Environ quatre vingt-dix tours furent édifiées sur tout le littoral
Corse, dont trente-deux au Cap Corse. Aujourd'hui, il n'en subsiste qu'une
soixantaine sur toute l'Ile, parfois restaurées et ouvertes au public.
Les tours génoises demeurent les témoins d'une occupation longue
de plus de quatre siècles.
Elles servirent aussi de postes douaniers et d'amers aux bateaux